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JOKER

9 mars 2020


de Todd Philips

Le personnage du Joker de l’univers DC Comics est ici mis à l’honneur par le réalisateur Todd Philips. Au lieu d’être posé comme une figure malveillante, ou un ‘héros malgré lui’ qui finira par sauver sa ville face à une menace extérieure, la vie décrite est celle d’Arthur Fleck, un habitant de Gotham City souffrant de la pauvreté qui finira par embrasser ses tourments et devenir le Joker.

Atteint de troubles psychologiques, Arthur Fleck est laissé pour compte en marge de la société. Son trouble : toute situation stressante lui déclenche un rire incontrôlé, ce qui le met dans des situations dangereuses plus d’une fois. Dans la vie, Arthur joue un clown afin de gagner de l’argent, son but étant un jour de faire des one-man-shows. S’ensuivent plusieurs évènement qui le transforment à jamais. Il perd son emploi à cause de gamins cherchant de l’amusement, est maltraité dans les transports par de riches jeunes cardes de Wayne entreprise et finit par les tuer, sa mère fait un coma en apprenant que des enquêteurs le cherchent, et il finit par la tuer en apprenant la vérité sur ses origines.

La Wayne. L’entreprise qu’il considère responsable de ses tourments. Le personnage a toujours été un des plus mystérieux de l’univers DC, et nombreux sont les réalisateurs à avoir donné leur propre version du Némésis du Batman. Todd Philips a fait le choix de relier Bruce Wayne et Arthur Fleck par leur parenté. Arthur s’appellerait en fait Happy Wayne et serait le demi-frère de Bruce. Une histoire de jeunesse entre Penny Fleck et Thomas Wayne déguisé en adoption et crise de folie. Happy rend donc responsable les personnes de pouvoir et en particulier Thomas Wayne pour sa situation.

Lorsqu’Happy a tué les jeunes dans le métro, il était habillé en clown, une vague de panique prend les autorités et la police arrête et contrôle tous les clowns de la ville, cela mène à des manifestations de grande ampleur. Ce même jour Happy se rend sur le plateau de Murray Franklin un présentateur l’ayant remarqué durant son premier one-man-show et que Happy regardait tous les soirs avec sa mère. Happy devient le Joker, révèle être le meurtrier, que la vie se joue de lui, que les gens n’ont d’yeux que pour martyriser les plus faibles, avant de tuer Murray. Il est arrêté par la police. Il est alors devenu le symbole de Gotham et de cette ‘révolution’ sociale.

Plusieurs points notables sont à décrire sur les choix de réalisation.

Au début du film le titre est affiché en lettres capitales «JOKER » et couvre tout l’écran. Ce titre est à l’image d’Arthur Fleck confiné dans un espace mental sans ouverture pour respirer, des lettres droites symboles d’un manque de confort envers soi-même. À la fin du film, « The End » apparaît centré sur l’écran et laissant de l’espace sur celui-ci. Cette écriture calligraphique fluide représente un personnage qui a fini par se trouver et est enfin lui-même.

La scène qui m’a le plus marqué est celle où Happy sort du métro le jour des émeutes et qui s’oppose à sa sortie du métro le jour où il commet les meutres. Une démarche assurée qui lui est propre, une netteté sur sa silhouette. À l’inverse les policiers se ruent dans le souterrain pris de panique dans un certain flou artistique maîtrisé. Un personnage à l’encontre de la société perturbé par la normalité de la vie quotidienne mais évoluant avec aise dans le chaos.

Rédigé par Enzo Boukais

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